Comment engager un étudiant en 2026 ?

Comment engager un étudiant en 2026 ?

Engager un étudiant en Belgique : règles, conditions et obligations de l’employeur 2026

Tout au long de l’année, et pas uniquement durant les vacances scolaires, les employeurs de tous secteurs peuvent engager des étudiants afin de faire face à des périodes de surcroît d’activité, assurer des remplacements temporaires ou renforcer leurs équipes de manière flexible.

 

L’emploi étudiant reste toutefois strictement encadré. Voici un aperçu clair et actualisé des règles applicables en Belgique en 2025.

 

 

Qu’est-ce qu’un étudiant jobiste ?

Est considéré comme étudiant jobiste toute personne inscrite à temps plein dans un établissement d’enseignement et dont l’occupation principale reste la poursuite des études. Ce statut ne s’applique pas aux personnes suivant exclusivement des cours du soir, aux apprentis ou aux stagiaires, ni aux étudiants ayant interrompu leur parcours scolaire.

 

Les étudiants inscrits dans un système de formation en alternance peuvent néanmoins travailler sous contrat étudiant, pour autant que l’emploi soit exercé auprès d’un autre employeur que celui de l’alternance et qu’aucune allocation de chômage ou d’insertion ne soit perçue.

 

Nombre d’heures et organisation du temps de travail

Depuis 2025, les étudiants peuvent prester jusqu’à 650 heures par année civile sous le régime avantageux des cotisations de solidarité. Le suivi de ce quota s’effectue via la plateforme Student@Work. En cas de dépassement, les heures excédentaires sont soumises aux cotisations sociales ordinaires.

En matière de pauses, la législation prévoit :

  • qu’une pause de 30 minutes est obligatoire après 4h30 de travail.
  • Lorsque la durée de travail dépasse 6 heures, cette pause est portée à une heure complète.
  • Pour les travailleurs adultes, une pause minimale de 15 minutes est requise après six heures de prestations.

 

Le travail de nuit est en principe interdit aux étudiants mineurs. Certaines exceptions existent selon le secteur et l’âge : des jeunes de plus de 16 ans peuvent, dans des cas spécifiques, travailler jusqu’à 23h, à condition notamment qu’un transport sécurisé après le travail soit prévu.

 

Les étudiants majeurs peuvent quant à eux être occupés jusqu’à six jours par semaine, y compris le dimanche, si la réglementation sectorielle l’autorise.

 

image d'un agenda ouvert en vue d'y planifier des événements.

 

Formalités administratives à respecter

Avant l’entrée en service, l’employeur est tenu d’établir un contrat d’occupation étudiant écrit, en double exemplaire, au plus tard au début de la mission. Ce contrat ne peut excéder 12 mois consécutifs. Au-delà de cette durée, l’étudiant est considéré comme un travailleur ordinaire et bascule dans un autre régime social et fiscal.

Le contrat doit être conservé sur le lieu de travail pendant 5 ans. L’employeur doit également effectuer une déclaration DIMONA, remettre le règlement de travail à l’étudiant et s’assurer que celui-ci en accuse réception.

 

De son côté, l’étudiant doit être en mesure de fournir une attestation prouvant son inscription continue dans un établissement d’enseignement pour l’année scolaire ou académique en cours.

 

Cotisations sociales et coût pour l’employeur

L’emploi étudiant bénéficie d’un régime social particulièrement avantageux. Tant que le quota annuel est respecté, les cotisations sont limitées à une cotisation de solidarité :

  • 2,71 % à charge de l’étudiant ;
  • environ 5,5 % à charge de l’employeur.

 

Aucun précompte professionnel n’est retenu dans ce cadre. Pour bénéficier de ce régime, l’employeur doit cependant garantir un enregistrement précis du temps de travail, condition indispensable en cas de contrôle de l’ONSS.

 

Allocations familiales et conséquences fiscales

Jusqu’au 31 août de l’année des 18 ans, les allocations familiales sont maintenues sans condition. Après cet âge, leur maintien dépend du nombre d’heures prestées durant l’année scolaire. L’étudiant ne peut pas dépasser 240 heures par trimestre, sous peine de perdre temporairement le droit aux allocations.

 

Aucune limite n’est imposée pendant les vacances d’été.

 

Étudiant travaillant dans un environnement professionnel, mais cherchant à travailler en étudiant également.

 

Rémunération de l’étudiant

La rémunération de l’étudiant est déterminée sur la base des barèmes applicables dans le secteur concerné, généralement à un niveau inférieur à celui des travailleurs permanents occupant une fonction équivalente.

 

Pour les étudiants mineurs, un barème adapté à l’âge peut s’appliquer, représentant en pratique entre 70 % et 90 % du salaire de référence. Aucune retenue fiscale n’est appliquée tant que les conditions du régime étudiant sont respectées.

 

Pour consulter les barèmes veuillez cliquer ici : https://salairesminimums.be/jc_overview.html

 

Sécurité, prévention et protection de la santé

Les étudiants étant souvent moins expérimentés, ils sont davantage exposés aux risques d’accident du travail. L’employeur doit donc, avant le début de la mission, procéder à une analyse des risques et mettre en place des mesures de prévention adaptées, en collaboration avec son service de prévention.

 

Certaines tâches dangereuses sont interdites aux jeunes travailleurs, sauf dérogations très encadrées. Dans des situations spécifiques — notamment pour les mineurs, le travail de nuit ou les activités présentant des risques particuliers — une surveillance de la santé peut être obligatoire.

Étudiant travaillant dans un environnement professionnel, aux côtés d’un responsable, illustrant les règles de rémunération applicables à l’emploi étudiant.

 

Conclusion

L’emploi étudiant constitue un outil flexible et économiquement intéressant pour les employeurs, tout en offrant aux jeunes une première expérience professionnelle précieuse.

 

Encore faut-il en maîtriser les règles. Une gestion rigoureuse des heures prestées, des formalités administratives et des obligations en matière de sécurité permet de tirer pleinement parti du régime étudiant tout en sécurisant l’entreprise face aux contrôles sociaux.