Flexi-jobs étendus à tous les secteurs dès le 1er juillet 2026
C’est une réforme qui va concerner bien plus d’entreprises qu’auparavant. La Chambre a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi, en séance plénière, l’extension des flexi-jobs à tous les secteurs. Le projet de loi, porté par le ministre de l’Emploi David Clarinval, a été adopté par la majorité, rejointe par les libéraux flamands d’Anders, tandis que l’opposition de gauche (PS, PTB, Ecolo-Groen) et DéFI ont voté contre et que le Vlaams Belang s’est abstenu.
L’entrée en vigueur est fixée au 1er juillet 2026. Voici ce que ce changement implique concrètement pour les employeurs.
Un système ouvert à (presque) tous les secteurs
Jusqu’à présent, le recours aux flexi-jobs était réservé à une liste limitée de secteurs. À partir du 1er juillet, la logique s’inverse. Les flexi-jobs seront ouverts à l’ensemble des secteurs privé et public, dans le respect des règles d’accès aux professions protégées, y compris les fonctions de soins.
Autrement dit, le système devient la règle générale plutôt que l’exception. Pour de nombreuses PME qui n’avaient jusqu’ici pas accès à ce dispositif, cela ouvre une nouvelle possibilité de recruter de la main-d’œuvre complémentaire de manière souple.

Flexi-jobs étendus à tous les secteurs au 1er juillet 2026 : une nouvelle opportunité pour les PME
Le mécanisme d’opt-out : tous les secteurs ne suivront pas
L’ouverture n’est toutefois pas automatique pour tout le monde. Les partenaires sociaux conserveront la possibilité d’exclure ou de réguler les flexi-jobs via un mécanisme d’opt-out (retrait), avec la possibilité d’un opt-in (réintégration) ultérieur.
Concrètement, un secteur peut décider, via un arrêté royal, de ne pas autoriser les flexi-jobs, par exemple parce que l’organisation du travail ne s’y prête pas. Ce choix n’est jamais définitif : un secteur ayant opté pour l’opt-out pourra revenir sur sa décision par la suite.
Plusieurs secteurs ont déjà fait connaître leur position. La commission paritaire 320, relative aux entreprises de pompes funèbres, n’aura recours aux flexi-jobs que pour des missions ponctuelles. La CP 323 (gestion d’immeubles, agents immobiliers et travailleurs domestiques) a également activé l’opt-out. Par ailleurs, selon le ministre, le dispositif ne sera pas élargi à la garde d’enfants en Flandre, ni à l’agriculture et à l’horticulture, ces derniers secteurs privilégiant le système des travailleurs saisonniers.
Ce qui change aussi pour les travailleurs à temps plein
Un autre assouplissement mérite l’attention des employeurs : l’interdiction de travailler en flexi-job dans une entreprise liée à son employeur sera supprimée pour les salariés occupés à temps plein. Cette règle visait à éviter certains montages entre sociétés d’un même groupe ; sa suppression élargit les possibilités pour les travailleurs à temps plein souhaitant arrondir leurs revenus.
À noter également : à partir du 1er juillet 2026, les bourgmestres, les échevins et les présidents de CPAS ne pourront plus exercer d’activité sous statut flexi-job.
Rappel : comment fonctionne un flexi-job ?
Le système des flexi-jobs n’est pas neuf. Créé en 2015 pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre dans l’Horeca, il a été progressivement étendu à d’autres secteurs au fil des années.
Le principe est avantageux pour les deux parties. Pour pouvoir exercer un flexi-job, le travailleur doit déjà être occupé à au moins quatre cinquièmes d’un temps plein chez un ou plusieurs autres employeurs. Le revenu issu du flexi-job est alors fiscalement intéressant, puisqu’il est exonéré d’impôts pour le travailleur. Côté employeur, une cotisation patronale limitée à 28 % s’applique.
Le succès du dispositif ne se dément pas. En 2025, 261.868 personnes ont travaillé en tant que flexi-jobbers, selon les chiffres de l’Office national de sécurité sociale.

Comment fonctionne un flexi-job : un complément de revenu souple et avantageux
Une mesure qui sera évaluée dans un an
La réforme ne sera pas figée. Un an après l’entrée en vigueur de la loi, les commissions paritaires devront soumettre une évaluation au ministre de l’Emploi. Ce bilan permettra de mesurer l’impact réel de l’extension et, le cas échéant, d’ajuster le dispositif.
Il faut noter que la mesure ne fait pas l’unanimité. Ses défenseurs y voient une réponse aux pénuries de main-d’œuvre et un levier de flexibilité pour les entreprises. L’opposition et certains experts redoutent en revanche une précarisation de l’emploi, une concurrence avec les contrats classiques et un manque à gagner pour la sécurité sociale. L’évaluation prévue sera donc particulièrement scrutée.
Ce que vous devez retenir en tant qu’employeur
Si vous dirigez une PME, cette réforme peut représenter une réelle opportunité de flexibilité, à condition d’en maîtriser les règles. Avant de recourir à un flexi-job à partir de juillet, quelques points méritent votre attention : vérifier que votre secteur n’a pas activé l’opt-out, vous assurer que le travailleur remplit bien la condition d’occupation aux quatre cinquièmes, et établir correctement le contrat-cadre et les déclarations DIMONA spécifiques aux flexi-jobs.
Une erreur sur l’une de ces conditions peut entraîner la requalification du flexi-job en contrat ordinaire, avec les cotisations sociales correspondantes à la clé.
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